L’Amour, le Prophète et Gibran
Un jour, une dame que je tiens en grande estime m’a dit : “A chaque fois que tu reliras le Prophète, ta vision du monde et de la Vie en sera changée. Tout dépend de l’instant. C’est toujours l’instant qui compte…”
Pour parler de livres, il y en a vraisemblablement ceux qu’on caractériserai, sans aucun doute, de consomptibles. Et il y a ceux qui s’inscrivent dans une sorte de cycle, plus ou moins régulier, mais récurant tout de même. Ce livre, le Prophète, ne fait pas parti de ceux qu’on lit une fois pour toute. Il va et vient, au gré des vents de la Vie, insufflant à chaque fois un peu de cette semence si particulière de la Poésie de Gibran. Et c’est là toute la force de l’idée, quand elle s’inscrit dans cette espèce de discontinuité éternelle.
Je vous laisse donc avec un extrait du chapitre où le Prophète parle de l’Amour
“Alors Almitra dit, Parle-nous de l’Amour.
Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s’étendit sur eux. Et d’une voix forte il dit :
Quand l’amour vous fait signe, suivez le.
Bien que ses voies soient dures et rudes.
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.
Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui.
Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.
Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu’il vous fait croître, il vous élague.
De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,
Ainsi il descendra jusqu’à vos racines et secouera leur emprise à la terre.
Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu’à vous rendre souple.
Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.
Toutes ces choses, l’amour l’accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.
Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l’amour et le plaisir de l’amour.
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l’amour vous moissonne,
Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.
L’amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.
L’amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.
Car l’amour suffit à l’amour.
Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, “Dieu est dans mon cœur”, mais plutôt, “Je suis dans le cœur de Dieu”.
Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l’amour car l’amour, s’il vous en trouve digne, dirige votre cours.
L’amour n’a d’autre désir que de s’accomplir.
Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu’ils soient ainsi :
Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur de trop de tendresse.
Etre blessé par votre propre compréhension de l’amour ;
Et en saigner volontiers et dans la joie.
Se réveiller à l’aube avec un cœur prêt à s’envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d’amour ;
Se reposer au milieu du jour et méditer sur l’extase de l’amour ;
Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ;
Et alors s’endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.”


août 27th, 2008 at 13:50
tres bon article.
août 27th, 2008 at 13:52
meme si la lecture de cette oeurvre n’est qu’une perte de temps ….
septembre 20th, 2008 at 15:59
Vivement un ftour littéraire la prochaine fois
septembre 22nd, 2008 at 15:47
@mmez
Une perte de temps.. Pourquoi donc ?
@Mounir
Avec grand plaisir. Quand ramadan repassera en Hiver ^_^
novembre 14th, 2008 at 3:36
personellement je trouve que la lecture de cet oeuvre est tout sauf une perte de temps,cet oeuvre nous montre justement combien l’etre humain est capable de perdre son temps et de se laisser emporter par des futilitees,chaque passage de cet oeuvre que se soit : la tristesse , la douleur, l’amour , la loi etc..traite de sentiments et de situations auquelles nous sommes confrontes quotidienement ,des sentiments qui affectent notre jugement nos decisions des sentiments qu’on n’envisage rarement voir jamais avec du recul comme le fait gibran dans le prohete..Sa nous fait reflechire sur la conception que l’on se fait de ces sujets de ces themes et nous montre combien cette conception peut etre superficielle et non reflechie..
c’est un oeuvre qui te permet de te resituer (toi tes malheurs et tes joies) dune antitee plus grande et que tu a tendance a prendre pour aquis, ta vie..
bref tt sa pr dire que jai adorer ce bouquin et
ce passage est en tt cas un des plus beau et des plus vrais..
elle est tre cool la dame qui ta dit sa yass!lol..:p
a demain!