L’Arbre c’est moi (XXI)

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Kenneth McKenzie Wark, le gourou des hackers

janvier 7th, 2008 by Yassine

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-995971@51-824668,0.html

La première fois que son nom a circulé à Paris, c’était à la République des blogs. Le rendez-vous est devenu une quasi-institution, pour tout ce que le Net français compte de blogueurs politiques et de citoyens journalistes. Dans un café parisien, ou depuis peu en province et en Belgique, ceux qui ne débattent ordinairement que dans le virtuel, sans se voir ni vraiment se connaître, ont pris l’habitude de se retrouver aussi autour d’un verre une fois par mois dans la vraie vie.

“Ken McKenzie vient bientôt en France”, avait soufflé l’un d’eux. McKen… qui ? Kenneth McKenzie Wark, l’auteur, en 2004, de Hacker Manifesto (Un manifeste hacker pour la traduction française). Le gourou des hackers, des acteurs du logiciel et de la culture libre. Certains voient en lui “le Karl Marx du XXIe siècle”. Cette annonce ne pouvait pas laisser les blogueurs indifférents.

Direction Marseille, fin octobre 2007, où Kenneth McKenzie Wark est attendu. Il participe à une conférence : “Hackulturation, culture libre, culture hacker”, organisée par Les Rencontres place publique, une association qui réunit des intellectuels français et étrangers autour de questions politiques, sociologiques, esthétiques sur l’art. Dans une des alcôves du Centre de la Vieille Charité - lieu destiné à l’origine à abriter vagabonds et orphelins -, Kenneth McKenzie Wark est en effet présent. Vêtu de noir, les cheveux longs, une grosse mouche d’argent à l’index et le regard lointain.

Il est né en Australie il y a quarante-six ans, à Newcastle, ville côtière et ouvrière de quelque 200 000 âmes, en Nouvelle-Galles du Sud, à 160 km au nord de Sydney. “Une ville que l’on quitte sans honte et sans regret”, dit-il. Il a étudié les médias à l’université de Sydney et à la Murdoch University.

Militant du Parti communiste australien, il se souvient avoir manifesté contre la fin de l’éducation supérieure gratuite. L’événement n’est pas anodin, pour cet homme qui est devenu un des penseurs de la culture libre. Son livre de chevet est une oeuvre collective, l’encyclopédie Wikipédia, le symbole d’une information enfin libérée.

“J’ai quitté l’Australie à 30 ans, mais j’aurais dû le faire à 20 quand s’est évanoui mon rêve d’une Australie multiculturelle, progressiste, ayant définitivement tourné le dos à son histoire raciste. Quand il fut clair que la gauche avait perdu.” Il a suivi sa femme américaine à New York, où il s’est installé en 2000. Depuis 2004, il est professeur en culture et médias au Eugene-Lang College The New School for Liberal Arts à New York. C’est aux Etats-Unis, en lisant La Société du spectacle (Gallimard, 1992), de Guy Debord, que l’inspiration du manifeste lui est venue. Il considère que le théoricien, un des fondateurs de l’Internationale situationniste, est un “hacker de Karl Marx”.

Il se souvient, jeune étudiant, avoir assisté à une conférence du philosophe français Jean Baudrillard. Il est resté marqué par la très grande liberté d’esprit de celui-ci, et la “très grande liberté de ses références”. Le manifeste de McKenzie a été l’un des derniers coups de coeur du philosophe, peu avant sa mort, en mars 2007. Son manuscrit a été refusé par de nombreux éditeurs, avant d’être publié par Harvard University Press. Hacker Manifesto a été traduit en huit langues, et est sorti en France en 2006 aux éditions Criticalsecret. Le manifeste tiré à 400 exemplaires contient 389 aphorismes. “C’est un poème épique et conceptuel”, selon Aliette Guibert, son éditrice. “Un livre beau, dense, énergique, enthousiasmant”, pour le philosophe Patrice Maniglier.

Retour à Marseille. La petite salle voûtée de la Vieille Charité est clairsemée. Il y a des enseignants en informatique, des acteurs de la contre-culture et du logiciel libre, “hacktivistes” en tout genre. Public hétéroclite et turbulent, caractéristique des milieux de l’underground informatique, au croisement des univers interlopes du réseau et d’une avant-garde artistique radicale.

Autrement dit, les mondes où se sont reconnus les premiers hackers, dans le sens que McKenzie Wark donne au terme. Pas des pirates, mais des “dépeceurs, des limiers d’univers, des tâcherons de l’abstraction, à la fois les bousilleurs et les novateurs”. Ceux qui, explique-t-il, dans sa langue si particulière produisent, inventent de nouveaux concepts, de nouvelles perceptions, de nouvelles sensations “hackées” à partir de données brutes. Des sortes de Robin des bois des temps numériques.

“Quel que soit le code que nous hackons, poursuit l’auteur, qu’il soit langage de programmation, langage poétique, mathématique ou musique, courbes ou couleurs, nous sommes les extracteurs des nouveaux mondes.” Le hacker est celui qui “libère l’information des vecteurs où elle est enfermée et prise en otage”, précise le critique d’art Stephen Wright, un proche de McKenzie. Si l’Australien cite souvent des philosophes, il évoque aussi la rébellion de Courtney Love contre les maisons de disques américaines, ou bien encore l’initiative du groupe Radiohead qui a proposé à chaque acheteur de fixer lui-même le prix de son dernier album.

“L’information peut partout être libre, mais elle est partout enchaînée”, résume Kenneth McKenzie, en référence au credo de la cyberculture des années 1980. Dans l’univers de McKenzie, se côtoient Debord et Robin des Bois, Rousseau et Courtney Love, les informaticiens du Massachusetts Institute of Technology et les paysans anglais du VIIIe siècle opposés à l’enclosure, Baudrillard et Kathy Aker, romancière expérimentale américaine.

La théorie de l’auteur, qui se définit “comme un crypto-marxiste”, dessine les frontières d’une nouvelle lutte des classes, version société numérique. D’un côté, donc, les hackers, prolétaires de l’information. De l’autre, la classe dirigeante composée des propriétaires des vecteurs qui “mènent un intense combat pour déposséder les hackers de leur propriété intellectuelle”.

“Une théorie intéressante comme vision postmarxiste de l’exploitation de l’homme par l’homme”, résume Paul Mathias, professeur au collège international de philosophie. Il a dirigé le numéro de la revue Rue Descartes (PUF) qui a consacré un dossier au Manifeste Hacker. Aux Etats-Unis, Kenneth McKenzie Wark a déjà publié un autre ouvrage : Gamer Theory. Un livre libre de droit, mis en ligne, développé de manière interactive avec les internautes. Un véritable fruit de hackers.

Olivier Zilbertin

Article paru dans l’édition du 05.01.08.

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Etre ou ne pas être… soi-même sur Facebook

décembre 12th, 2007 by Yassine

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-988375@51-824668,0.html

C’est une histoire facétieuse qui pose de vraies questions sur l’utilisation et les limites d’Internet et en particulier du Web 2.0. Sur le site communautaire Facebook, un Bordelais trentenaire s’est glissé dans la peau de deux candidats à l’élection municipale de Bordeaux : Alain Juppé, l’actuel maire UMP de la ville, et Alain Rousset, président du conseil régional d’Aquitaine et challenger socialiste.

Le 11 novembre, il décide de créer leur profil sur ce réseau social à la mode. Il va chercher leurs photos sur Google, trouve un courriel bidon, ajoute quelques phrases. “Je n’ai répondu à aucune question, juste accepté les demandes de mise en contact”, affirme le faussaire, un spécialiste des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui souhaite conserver l’anonymat pour des questions juridiques et pour éviter toute pression.

“Je souhaitais juste profiter de ces têtes d’affiche pour sensibiliser les médias, les politiques et le grand public sur les risques de manipulation d’Internet. Il faut toujours rester vigilant sur l’émetteur et les informations trouvées, en particulier sur les sites communautaires”, martèle le jeune homme.

“PAS DES JOUJOUX”

Du côté d’Alain Juppé, on n’y a vu que du feu. Pendant trois semaines, 150 contacts sont arrivés sur son faux journal, dont la moitié ont laissé des messages, parfois venant de proches, “tous positifs sauf un”, selon l’agitateur. Le profil d’Alain Juppé a été fermé mardi 4 décembre, après que son cabinet a reçu la veille par courriel les codes d’accès à cette page par un certain Burd Gala, et que la presse locale, alertée par un mail signé du même pseudonyme, s’intéresse au sujet.

L’entourage du maire réfléchissait déjà “à une nouvelle étape en 2008″ dans l’utilisation des technologies de l’information pour les municipales. Il devrait y ajouter un compte Facebook, sans date précise. “Ces espaces virtuels de dialogue ne sont pas des joujoux, reconnaît Charles-Marie Boret, directeur de la communication de la Ville de Bordeaux. Ce sont des niches de communication où des centaines de personnes se retrouvent, alors qu’elles n’iront jamais à un meeting.”

L’équipe d’Alain Rousset, déjà en campagne, a, elle, vite détecté la supercherie. En trois jours, à la demande de la cellule de veille Internet du candidat, Facebook retirait son faux profil. A la place, un autre, géré par l’entourage du candidat, disposant déjà de plus de 160 “amis”.

“Facebook a un double intérêt : être là où le milieu branché nous attend, et découvrir des réseaux sociaux qu’on n’imaginait pas, estime Matthieu Rouveyre, le responsable Internet de la campagne d’Alain Rousset. Après les blogs, ça va créer une nouvelle étape dans la communication politique.”

 

Claudia Courtois

Article paru dans l’édition du 12.12.07.

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Même sans GPS, Google vous repère grâce à votre téléphone

novembre 29th, 2007 by Yassine

Plus besoin d’un GPS. Désormais, Google peut vous repérer sur Google Maps avec un simple téléphone. Mercredi soir, le groupe américain a annoncé la mise en place d’une nouvelle fonction « My Location », compatible avec les téléphones équipés de Java, de Windows Mobile, de Symbian ou encore avec les BlackBerry. Concrètement, Google utilise les informations des antennes-relais, grâce à un procédé de triangulation qu’il promet anonyme. Selon le New York Times, Google a recensé les adresses des antennes en s’appuyant sur les données envoyés - à leur insu - par un million de possesseurs de téléphones GPS qui se connectent à internet avec leur appareil, ce qui lui a permis de cartographier les antennes. Certes, la localisation, à un kilomètre près et parfois moins, est bien loin des 20 mètres communément obtenus par le GPS. Mais elle devrait tout de même permettre d’afficher de la publicité localisée sur les cartes, un marché qui représentera 16 milliards de dollars en 2011, dix fois plus qu’aujourd’hui, selon le cabinet eMarketer.

Source :

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-h…..4706.html

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