L’Arbre c’est moi (XXI)

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L’Amour, le Prophète et Gibran

mai 27th, 2008 by Yassine

Un jour, une dame que je tiens en grande estime m’a dit : “A chaque fois que tu reliras le Prophète, ta vision du monde et de la Vie en sera changée. Tout dépend de l’instant. C’est toujours l’instant qui compte…”

Pour parler de livres, il y en a vraisemblablement ceux qu’on caractériserai, sans aucun doute, de consomptibles. Et il y a ceux qui s’inscrivent dans une sorte de cycle, plus ou moins régulier, mais récurant tout de même. Ce livre, le Prophète, ne fait pas parti de ceux qu’on lit une fois pour toute. Il va et vient, au gré des vents de la Vie, insufflant à chaque fois un peu de cette semence si particulière de la Poésie de Gibran. Et c’est là toute la force de l’idée, quand elle s’inscrit dans cette espèce de discontinuité éternelle.

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Quelque chose en lui de Britney Spears

janvier 21st, 2008 by Yassine
AFP

Il n’y a pire imbécile qu’un vieil imbécile mais rien ne surpasse un vieil imbécile français, surtout quand il dirige le pays. Regardez Nicolas Sarkozy qui, transi d’amour, rêvasse dans Paris en faisant les yeux doux à Carla Bruni pendant que le reste du pays brûle des voitures ou se met en grève. Il suffit de voir Sarkozy sortir des eaux avec son top-model-devenu-chanteuse de treize ans sa cadette pour en avoir le rouge* aux joues. Cela me rappelle le jour où mon père m’a annoncé que sa nouvelle copine avait à peu près mon âge. Ou encore la fois où une fille de ma classe m’a assuré que Peter, un gros plouc aux cheveux gras, était l’amour de sa vie. Comme preuve de cet amour éternel, il lui avait offert une bague de fiançailles passablement kitsch qu’elle balança au fond de la salle de classe deux semaines plus tard quand elle comprit qu’en fait, c’était James l’amour de sa vie. En d’autres termes, la France a réussi à élire un ado attardé à la présidence. Très bien*, les gars, très bien*.
Les draps de l’Elysée étaient encore imprégnés du parfum délicat de Cécilia quand Nicolas a rencontré Carla à un dîner et l’a emmenée à Disneyland Paris (exactement le genre d’endroit qu’un ado trouverait romantique). Et deux mois plus tard, on parle suavement de mariage. Une information que l’on tient, il faut le dire, de la bouche même du président qui a cette semaine donné les indications politiques suivantes pour l’année 2008 : “Fin des trente-cinq heures, création d’une BBC à la française, bla-bla-bla, et plus important, est-ce que j’ai dit que je l’aimais ? Si, si, je l’aime ! Je pense même que c’est la bonne !”
Je suis même étonnée qu’il ne se soit pas mis à chanter Hopelessly Devoted to You, comme Olivia Newton John dans Grease. Et tout ça quelques jours après avoir rencontré Sa Sainteté le pape Benoît XVI, une rencontre au cours de laquelle Sarko a passé l’essentiel de son temps à loucher sur son portable pour voir s’il avait reçu des SMS, de la Bruni sans doute. C’est tout à fait le genre de chose que Paris Hilton ou Britney Spears, par exemple, pourraient faire, sauf que, pour leur rendre justice, aucune d’entre elles ne dirige la sixième économie du monde.
Les hommes politiques sont ­censés être des gens honnêtes, des membres respectables de la communauté n’ayant jamais rien fait de répréhensible. Le problème est que personne de vraiment honnête ou respectable ne voudrait faire de la politique. C’est pour cette raison que pullulent les conseillers en communication. Peut-être faudrait-il reconnaître au nouveau président français le mérite de se montrer tel qu’il est vraiment… même si au fond de lui, Nicolas Sarkozy ressemble à une gamine de 13 ans.

* En français dans le texte.

Bryony Gordon
The Daily Telegraph

Source : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=81509

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La Coccinelle, trop polluante, est menacée à Mexico

janvier 10th, 2008 by Yassine

Considérée comme trop polluante, les 67 000 taxis de Mexico - qui sont des coccinelles - risquent d'être remplacées. | D.R.

Autant que les mariachis, elle incarne Mexico. On la reconnaît de loin, à ses deux couleurs, vert et blanc. Elle porte un joli nom : “vocho”. Les autorités en dénombrent plus de 67 000, soit la moitié des taxis qui circulent dans les rues de la mégapole. Car c’est dans le taxi que la Coccinelle Volkswagen a fait carrière à Mexico. Puisque cette voiture n’a que deux portes, le siège avant passager a été supprimé pour que les clients puissent s’installer sur la banquette arrière. Mais voilà que ces Coccinelle ont pris de l’âge et polluent l’air de la capitale du Mexique déjà bien chargé de toxiques. D’où la proposition du ministère des transports de Mexico : une prime de 15 000 pesos (environ 1 000 euros) pour que les chauffeurs de taxi mettent à la casse leur véhicule, et des aides aux crédits bancaires pour qu’ils acquièrent une voiture neuve. Pour le moment, l’initiative rencontre peu d’écho, car les taxis propriétaires de “vocho” tiennent trop à leur auto. Solides, faciles à réparer, elles ont tout pour leur plaire. Encore un peu et ils classeraient “espèce protégée” leur Coccinelle.

 

 

Bruno Caussé (avec AFP)

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-997007@51-628868,0.html

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Kenneth McKenzie Wark, le gourou des hackers

janvier 7th, 2008 by Yassine

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-995971@51-824668,0.html

La première fois que son nom a circulé à Paris, c’était à la République des blogs. Le rendez-vous est devenu une quasi-institution, pour tout ce que le Net français compte de blogueurs politiques et de citoyens journalistes. Dans un café parisien, ou depuis peu en province et en Belgique, ceux qui ne débattent ordinairement que dans le virtuel, sans se voir ni vraiment se connaître, ont pris l’habitude de se retrouver aussi autour d’un verre une fois par mois dans la vraie vie.

“Ken McKenzie vient bientôt en France”, avait soufflé l’un d’eux. McKen… qui ? Kenneth McKenzie Wark, l’auteur, en 2004, de Hacker Manifesto (Un manifeste hacker pour la traduction française). Le gourou des hackers, des acteurs du logiciel et de la culture libre. Certains voient en lui “le Karl Marx du XXIe siècle”. Cette annonce ne pouvait pas laisser les blogueurs indifférents.

Direction Marseille, fin octobre 2007, où Kenneth McKenzie Wark est attendu. Il participe à une conférence : “Hackulturation, culture libre, culture hacker”, organisée par Les Rencontres place publique, une association qui réunit des intellectuels français et étrangers autour de questions politiques, sociologiques, esthétiques sur l’art. Dans une des alcôves du Centre de la Vieille Charité - lieu destiné à l’origine à abriter vagabonds et orphelins -, Kenneth McKenzie Wark est en effet présent. Vêtu de noir, les cheveux longs, une grosse mouche d’argent à l’index et le regard lointain.

Il est né en Australie il y a quarante-six ans, à Newcastle, ville côtière et ouvrière de quelque 200 000 âmes, en Nouvelle-Galles du Sud, à 160 km au nord de Sydney. “Une ville que l’on quitte sans honte et sans regret”, dit-il. Il a étudié les médias à l’université de Sydney et à la Murdoch University.

Militant du Parti communiste australien, il se souvient avoir manifesté contre la fin de l’éducation supérieure gratuite. L’événement n’est pas anodin, pour cet homme qui est devenu un des penseurs de la culture libre. Son livre de chevet est une oeuvre collective, l’encyclopédie Wikipédia, le symbole d’une information enfin libérée.

“J’ai quitté l’Australie à 30 ans, mais j’aurais dû le faire à 20 quand s’est évanoui mon rêve d’une Australie multiculturelle, progressiste, ayant définitivement tourné le dos à son histoire raciste. Quand il fut clair que la gauche avait perdu.” Il a suivi sa femme américaine à New York, où il s’est installé en 2000. Depuis 2004, il est professeur en culture et médias au Eugene-Lang College The New School for Liberal Arts à New York. C’est aux Etats-Unis, en lisant La Société du spectacle (Gallimard, 1992), de Guy Debord, que l’inspiration du manifeste lui est venue. Il considère que le théoricien, un des fondateurs de l’Internationale situationniste, est un “hacker de Karl Marx”.

Il se souvient, jeune étudiant, avoir assisté à une conférence du philosophe français Jean Baudrillard. Il est resté marqué par la très grande liberté d’esprit de celui-ci, et la “très grande liberté de ses références”. Le manifeste de McKenzie a été l’un des derniers coups de coeur du philosophe, peu avant sa mort, en mars 2007. Son manuscrit a été refusé par de nombreux éditeurs, avant d’être publié par Harvard University Press. Hacker Manifesto a été traduit en huit langues, et est sorti en France en 2006 aux éditions Criticalsecret. Le manifeste tiré à 400 exemplaires contient 389 aphorismes. “C’est un poème épique et conceptuel”, selon Aliette Guibert, son éditrice. “Un livre beau, dense, énergique, enthousiasmant”, pour le philosophe Patrice Maniglier.

Retour à Marseille. La petite salle voûtée de la Vieille Charité est clairsemée. Il y a des enseignants en informatique, des acteurs de la contre-culture et du logiciel libre, “hacktivistes” en tout genre. Public hétéroclite et turbulent, caractéristique des milieux de l’underground informatique, au croisement des univers interlopes du réseau et d’une avant-garde artistique radicale.

Autrement dit, les mondes où se sont reconnus les premiers hackers, dans le sens que McKenzie Wark donne au terme. Pas des pirates, mais des “dépeceurs, des limiers d’univers, des tâcherons de l’abstraction, à la fois les bousilleurs et les novateurs”. Ceux qui, explique-t-il, dans sa langue si particulière produisent, inventent de nouveaux concepts, de nouvelles perceptions, de nouvelles sensations “hackées” à partir de données brutes. Des sortes de Robin des bois des temps numériques.

“Quel que soit le code que nous hackons, poursuit l’auteur, qu’il soit langage de programmation, langage poétique, mathématique ou musique, courbes ou couleurs, nous sommes les extracteurs des nouveaux mondes.” Le hacker est celui qui “libère l’information des vecteurs où elle est enfermée et prise en otage”, précise le critique d’art Stephen Wright, un proche de McKenzie. Si l’Australien cite souvent des philosophes, il évoque aussi la rébellion de Courtney Love contre les maisons de disques américaines, ou bien encore l’initiative du groupe Radiohead qui a proposé à chaque acheteur de fixer lui-même le prix de son dernier album.

“L’information peut partout être libre, mais elle est partout enchaînée”, résume Kenneth McKenzie, en référence au credo de la cyberculture des années 1980. Dans l’univers de McKenzie, se côtoient Debord et Robin des Bois, Rousseau et Courtney Love, les informaticiens du Massachusetts Institute of Technology et les paysans anglais du VIIIe siècle opposés à l’enclosure, Baudrillard et Kathy Aker, romancière expérimentale américaine.

La théorie de l’auteur, qui se définit “comme un crypto-marxiste”, dessine les frontières d’une nouvelle lutte des classes, version société numérique. D’un côté, donc, les hackers, prolétaires de l’information. De l’autre, la classe dirigeante composée des propriétaires des vecteurs qui “mènent un intense combat pour déposséder les hackers de leur propriété intellectuelle”.

“Une théorie intéressante comme vision postmarxiste de l’exploitation de l’homme par l’homme”, résume Paul Mathias, professeur au collège international de philosophie. Il a dirigé le numéro de la revue Rue Descartes (PUF) qui a consacré un dossier au Manifeste Hacker. Aux Etats-Unis, Kenneth McKenzie Wark a déjà publié un autre ouvrage : Gamer Theory. Un livre libre de droit, mis en ligne, développé de manière interactive avec les internautes. Un véritable fruit de hackers.

Olivier Zilbertin

Article paru dans l’édition du 05.01.08.

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Etre ou ne pas être… soi-même sur Facebook

décembre 12th, 2007 by Yassine

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-988375@51-824668,0.html

C’est une histoire facétieuse qui pose de vraies questions sur l’utilisation et les limites d’Internet et en particulier du Web 2.0. Sur le site communautaire Facebook, un Bordelais trentenaire s’est glissé dans la peau de deux candidats à l’élection municipale de Bordeaux : Alain Juppé, l’actuel maire UMP de la ville, et Alain Rousset, président du conseil régional d’Aquitaine et challenger socialiste.

Le 11 novembre, il décide de créer leur profil sur ce réseau social à la mode. Il va chercher leurs photos sur Google, trouve un courriel bidon, ajoute quelques phrases. “Je n’ai répondu à aucune question, juste accepté les demandes de mise en contact”, affirme le faussaire, un spécialiste des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui souhaite conserver l’anonymat pour des questions juridiques et pour éviter toute pression.

“Je souhaitais juste profiter de ces têtes d’affiche pour sensibiliser les médias, les politiques et le grand public sur les risques de manipulation d’Internet. Il faut toujours rester vigilant sur l’émetteur et les informations trouvées, en particulier sur les sites communautaires”, martèle le jeune homme.

“PAS DES JOUJOUX”

Du côté d’Alain Juppé, on n’y a vu que du feu. Pendant trois semaines, 150 contacts sont arrivés sur son faux journal, dont la moitié ont laissé des messages, parfois venant de proches, “tous positifs sauf un”, selon l’agitateur. Le profil d’Alain Juppé a été fermé mardi 4 décembre, après que son cabinet a reçu la veille par courriel les codes d’accès à cette page par un certain Burd Gala, et que la presse locale, alertée par un mail signé du même pseudonyme, s’intéresse au sujet.

L’entourage du maire réfléchissait déjà “à une nouvelle étape en 2008″ dans l’utilisation des technologies de l’information pour les municipales. Il devrait y ajouter un compte Facebook, sans date précise. “Ces espaces virtuels de dialogue ne sont pas des joujoux, reconnaît Charles-Marie Boret, directeur de la communication de la Ville de Bordeaux. Ce sont des niches de communication où des centaines de personnes se retrouvent, alors qu’elles n’iront jamais à un meeting.”

L’équipe d’Alain Rousset, déjà en campagne, a, elle, vite détecté la supercherie. En trois jours, à la demande de la cellule de veille Internet du candidat, Facebook retirait son faux profil. A la place, un autre, géré par l’entourage du candidat, disposant déjà de plus de 160 “amis”.

“Facebook a un double intérêt : être là où le milieu branché nous attend, et découvrir des réseaux sociaux qu’on n’imaginait pas, estime Matthieu Rouveyre, le responsable Internet de la campagne d’Alain Rousset. Après les blogs, ça va créer une nouvelle étape dans la communication politique.”

 

Claudia Courtois

Article paru dans l’édition du 12.12.07.

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Sur le Don (Le Prophète - Khalil Gibran)

mai 22nd, 2007 by Yassine

Alors, dit un homme riche, Parle-nous du Don.
Et il répondit :
Vous donnez bien peu lorsque vous donnez de vos biens.
C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez vraiment.
Car que sont vos biens sinon des choses que vous gardez et surveillez, de crainte de vous trouver demain dans la misère ?
Et demain, qu’apportera demain au chien tellement prudent qu’il enterre sans repères des os dans le sable, tandis qu’il suit les pèlerins vers la ville sainte ?
Et qu’est ce que la crainte de la misère sinon la misère elle-même ?
La peur de la soif quand votre puits est plein, n’est-ce pas une soit inextinguible ?

Il y a ceux qui ont beaucoup et qui donnent peu – et comme ils en attendent de la reconnaissance, ce désir caché dégrade leurs dons.
Et il y a ceux qui ont peu et qui donnent tout.
Ceux-ci ont foi dans la vie et dans la générosité de la vie, et leur coffre n’est jamais vide.

Il y a ceux qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.
Et il y a ceux qui donnent avec peine, et cette peine est leur baptême.
Et il y a ceux qui donnent sans éprouver de peine à donner, sans y chercher non plus ni joie ni conscience de leur vertu ;
Ils donnent comme là-bas, dans la vallée, le myrte exhale son parfum dans l’air.
C’est par leurs mains que Dieu parle et par leurs yeux qu’Il sourit à la terre.

C

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A quoi rêvent les loups

avril 22nd, 2007 by Yassine

C

Bien le bonsoir ! En attendant de poster le premier volet de “Il était une fois le Maroc”. Voici un petit quelque chose… Je viens de finir “A quoi rêvent les loups” de Yasmina Khadra, écrivain algérien que je découvre pour la première fois et qui m’a beaucoup séduit. Enfin bon, là n’est pas le sujet. J’ai noté 2 petits passages qui m’ont particulièrement plu, et que je désire partager avec vous…

De son côté, Abou Mariem profita de l’affliction générale pour en finir avec Sid Ali le poète que les imams n’avaient de cesse de diaboliser et dont l’émir en personne exigeait la tête. On l’attaqua chez lui, très tôt le matin. Le poète attendait ses bourreaux. Mis au courant de leurs desseins, il avait refusé de s’enfuir. Il avait juste envoyé sa compagne quelque part pour affronter seul son destin.

Avant de mourir, Sid Ali avait demandé à être immolé par le feu.

- Pourquoi ? s’était enquis Abou Mariem.

- Pour mettre un peu de lumière dans votre nuit.


Une fois dans un pré, Sid Ali le poète avait attrapé une mante religieuse. C’était par une belle journée de printemps. Il y avait des fleurs partout. Sid Ali m’a montré l’insecte et m’a demandé si j’étais au courant qu’à l’origine la mante était une feuille. J’ai dit que je l’ignorais. Alors Sid Ali m’a raconté l’histoire d’une feuille rebelle et arrogante qui digérait mal le fait de se faire larguer par sa branche simplement parce que l’automne arrivait. Elle s’estimait trop importante pour moisir parmi les feuilles mortes que le vent humiliait en les traînant dans la boue. Elle jeta sa gourme et se promit de ne compter que sur elle-même, comme une grande. Elle voulait survivre aux saisons. Et la nature, séduite par son zèle et sa combativité, la transforma en insecte rien que pour voir où elle voulait en venir. Ainsi naquit la mante religieuse, farouche et taciturne, plus ambitieuse que jamais. Le miracle lui monta à la tête. Elle se mit à narguer sa branche, à la fouler aux pieds. Elle devint cruelle, prédatrice et souveraine, et son impunité ne tarda pas à l’aveugler au point que, pour prouver on ne sait quoi, elle s’est mise à dévorer tout sur ton passage, y compris ceux qui l’aiment.

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